Durant cette interview, Romuald Priol, référent lyonnais du Green IT et du collectif Conception Numérique Responsable, nous explique qu’est ce que le numérique responsable, l’éco-conception des sites internet et de la différence entre le tech4good et le good4tech
 
Vous pourrez retrouvez la conférence de Romual Priol au Blend Web Mix 2019 au lien suivant :  https://www.youtube.com/watch?v=zx_nff-hHRE&t=32s 
 
 

1. Quel est ton parcours et comment es- tu arrivé dans le numérique responsable ?
Moi, j’ai un parcours assez traditionnel de développeurs, j’ai fait une école d’informatique il y a quelques années en arrière, j’ai été chez pas mal de clients en agence. Du coup, je suis spécialisé dans la conception informatique. Et il y a quelques années en arrière justement, je me suis mis tout ce qui est en mesure de faire des actes écologiques, donc je voulais manger beaucoup moins de viande, je suis quasiment 0 déchet, je vais travailler en vélo, j’ai plein de petits trucs comme ça et je me suis posé la question au moi en tant que professionnel de l’informatique, qu’est-ce que je peux faire pour justement, réduire en dire l’impact du numérique ?C’est comme ça que j’ai découvert il y a quelques années, il y a 5 ou 6 ans, le greenit.fr, qui est le site de référence sur la problématique et que je suis devenu référent du collectif conception numérique responsable.

 

2. Qu’est-ce que le numérique responsable exactement ?
Le numérique responsable, en fait, ça englobe beaucoup de choses. Le numérique, faut savoir  qu’il n’est vraiment pas responsable actuellement. C’est vrai que t’as un numérique qui est pas écoconçu, ça fait que le numérique a un impact sur l’environnement, sur la planète. On utilise des métaux rares, des ressources rares pour créer nos logiciels. On a un numérique qui est très loin d’être accessible. Actuellement il y a 10% de la population qui ont des problèmes visuels et ces personnes ne peuvent utiliser Internet comme nous, mais il faut pour ça adapter les sites Internet, et il y a moins de 25% des sites Internet qui sont accessibles, donc on a des problèmes avec l’accessibilité du numérique. On a aussi beaucoup de problèmes éthiques. Les services numériques qu’on a actuellement récupèrent énormément de données, de la donnée personnelle qui est censée être personnelle, c’est pas très responsable. Le numérique responsable, c’est un numérique qui se veut à la fois résolument accessible et modifiable par tout le monde, pour le plus grand nombre. C’est aussi un numérique qui se veut écoconçu, donc qui prend en considération les problèmes planétaires qu’on a actuellement et c’est également un numérique qui se veut accessible, donc tout le monde puisse accéder au numérique, quel que soit son lieu de résidence. Donc en fait, il y a vraiment un côté accessibilité des données, mais autant pour la localisation que pour les personnes handicapées. Donc c’est vrais qu’il faut des sites qui soient légers, qu’ils soient accessibles on va dire pour les personnes en situation de handicap, mais aussi accessible au plus grand nombre qui viennent sur la planète, c’est pas parce qu’on a un 3G très faible, qu’on est censé ne plus avoir autant internet que les autres qui sont en 5G.

 

3. Tu fais partie du collectif numérique responsable, qu’est-ce que ce collectif exactement ?
Je suis le référent lyonnais du collectif conception numérique responsable et ce collectif est un des collèges de greenIt.fr. C’est un collectif qui promeut justement la conception numérique et responsable. On a énormément de moyens de faire un site internet, t’as peut- être 1000000 façons de faire. Mais il y a des façons qui sont plus éco conçus que d’autres. Le principe du collectif, justement, c’est de promouvoir les bonnes pratiques écoresponsables pour pouvoir avoir un site qui soit à la fois beaucoup plus sombre, beaucoup plus performant et écoresponsable.

 

4. Le green IT est une référence dans le numérique responsable, quel est vraiment ton lien avec eux ?
Le green IT justement a une référence beaucoup plus large que l’écoconception. C’est l’écoconception qui fait partie du numérique responsable. Le numérique responsable, c’est pas que l’écoconception et je suis un des référents du collectif, conception numérique responsable. Et des fois j’interviens dans certaines conférences ou dans certains articles en tant que référents de la Communauté Green IT qui est la communauté plus large sur le numérique responsable.

 

5. Ça fait combien de temps que Green IT existe?
Ça fait plus de 15 ans. Le green IT a été inventé, en fait, actuellement, on entend beaucoup parler, mais c’est une problématique qui est très vieille. Il faut savoir que la personne qui a inventé le green IT est Frédéric Bordage, qui est sur Grenoble il y a plus de 15 ans. Ça fait déjà très longtemps qu’on parle des problématiques qu’on a avec les numériques et pourtant 15 ans après, on est toujours là à patauger en disant faut vraiment faire quelque chose parce que là c’est urgent.

 

6. Qu’est-ce qu’un site écoconçu et à quoi ça correspond exactement pour un développeur ?
Un site écoconçu en fait si on prend le terme technique réel, ça n’existe pas. Il faut savoir qu’un site internet écoconçu ou pas, c’est un site qui va consommer des ressources, donc même le site le plus sobre que tu as, même le site le plus low tech que tu as. Il va forcément consommer de l’énergie, il va forcément avoir un serveur quelque part qui soit très petit ou qui utilise des infrastructures du cloud et il va forcément consommé des ressources, il peut être écoconçu et consommer peu de ressources, il va quand même en consommer. Un site écoconçu au fait, est un site dont les besoins métiers sont écoconçus, un besoin métier, un acte métier, c’est par exemple le fait de réserver un billet. Réserver un billet, c’est un besoin, c’est vrai que pour réserver un billet, qu’elle est le plus pratique ? En fait, tu vas commencer par écoconcevoir ton acte pour réserver mon billet de train ou mon billet d’avion ou carrément un billet de cinéma. Quelle est la façon la plus éco conçue que j’ai, tu peux le faire demain, soit justement en créant un site Internet, donc ce que tu vas créer un panier de créateur ou pas, ça dépend du besoin que tu veuilles. Est-ce que tu vas le faire via un SMS, tu envoies un SMS, tu vas payer par carte bleue ou tu vas payer avec ton abonnement et tu vas recevoir ta place directement ou est-ce que tu vas directement, c’est ça aller à la borne et que la borne cinéma fasse ça, c’est vraiment les besoins métiers. Faut savoir effectivement, les sites internet sont censé combler nos besoins, mais ils font beaucoup plus que ça. Il sait qu’à chaque fois qu’on va sur un site internet pour un besoin, on va télécharger énormément de gros logiciels à côté qui, eux, ne vont pas combler nos besoins et qui vont alourdir nos pages internet.

 

7. Quelle est la différence entre un site normal et écoconçu ?
La différence justement, c’est qu’un site écoconçu va être beaucoup plus sobre. Un site normal, par exemple, des fois y a des sites sur lesquels je tombe, où je ne vois pas l’intérêt d’avoir l’heure vu que tous les périphériques que j’utilise affichent déjà l’heure, donc le besoin est très limité. Mais y’a pas que ça, c’est bien pire que ça, des fois t’as 30 images pour une page produit. En fait moi je connais le produit, je veux juste une ou 2 images, ça me suffit amplement. Le site écoconçu va agir sur la sobriété de la page. C’est que, non seulement, tu vas voir juste le strict minimum pour pouvoir afficher le besoin que tu as donc afficher un produit, ton CV, une page ou afficher un article, mais tu ne vas pas avoir des choses à côté, tu vas pas avoir des modules qui ne servent à rien. Tu agis avec sobriété et lorsque tu peux pas, tu vas l’écoconcevoir et utiliser les bonnes pratiques de l’écoconception pour la mettre en place. En gros, il faut vraiment réfléchir à notre besoin avant de se lancer et de faire des rajouts après. Il y a énormément de personnes qui mettent une carte Google Maps sur leur site. Sauf que une carte Google Maps y a pas beaucoup de personnes qui cliquent dessus. Tu vas charger plus du poids de la page que tu l’as téléchargé juste en javascript pour pouvoir afficher cette MAP. Sauf que maintenant on a beaucoup de techniques qui existent, on peut avoir du Lazy loading, ça fait qu’on va charger la page que si on clique dessus c’est que tu peux avoir une image qui va être beaucoup plus légère, qui va afficher cette carte et si personne ne clique dessus tu ton site sera beaucoup plus léger parce que se sera seulement une image. Par contre les utilisateurs qui vont être intéressés par ta carte ils vont cliquer dessus Tu peux mettre un simple lien sur une image, ils vont accéder sur Google Maps, ce sera beaucoup plus léger sur ton site et ça fonctionne également.

 

8. Il existe des normes ISO pour les conceptions, Quelles sont ces normes et comment peut- on les appliquer au niveau du numérique ?
Lorsqu’on parle justement de l’écoconception, généralement, on parle des normes 14062 qui est une des normes d’un management environnemental. Les 14062, c’est l’intégration des aspects environnementaux dans la conception et dans le développement de produits. Et quand on parle de conception et de développement de produit, on parle aussi de conception et de développement de produit numérique. Ça s’applique aussi au numérique, mais pas que, c’est un truc à prendre maintenant. Et en fait, lorsqu’on va appliquer ces normes, on va justement déjà agir avec sobriété, mais aussi justement, prendre plusieurs aspects environnementaux dans notre création et notre développement de services numériques. On va prendre justement les aspects en matière d’eau. Est-ce que mon application va consommer beaucoup d’eau potable ? En matière de ressources, quelles sont les ressources qui vont appliquer le cycle de vie de mon application ? On va parler en matière d’énergie aussi, Quelles différentes énergies va utiliser mon service numérique ? En norme ISO, on peut aussi parler de la norme 14040, c’est un ISO 14040 qui est toujours sur le management environnemental, mais sur l’analyse de cycles de vie. Il faut savoir qu’un produit numérique a aussi une vie. Par exemple, on peut voir les sites éphémères lorsqu’il y a la fête des Lumières par exemple, il y a un site et une application qui sont créés pour ça. Ce site et cette application pendant les 3 jours de la fête de lumière, elles sont très utilisées, elles ont besoin de beaucoup de serveurs donc ça c’est logique et c’est bien d’avoir beaucoup de serveurs parce qu’en fait tu vas passer tes tests de charge, tu vas passer plein de choses et ça va très bien fonctionner. Par contre une fois que la fête des Lumières est finie, t’as plus besoin d’avoir autant de serveurs, t’as plus besoin d’avoir autant de puissance tout ça, ça fait partie de l’analyse de cycle de vie est ce qu’enfin comment va vivre mon application ? Est-ce que je vais laisser mourir mon application ? Est-ce que mon application va continuer d’utiliser un milliard de serveurs alors qu’en fait elle est utilisée plus par 3 personnes qui se sont plantées lorsqu’ils ont cliqué sur un lien ?C’est tout ça, c’est ce que vont nous préciser les analyses de cycle de vie. La dernière norme que j’aime beaucoup en matière d’ISO, c’est la norme 25010 sur la qualité logicielle. Ces normes permettent justement à tout développeur de faire de la qualité logicielle, donc on a beaucoup de tests. On a ces normes qui permet d’expliquer ce que sont les tests, y a les tests fonctionnels, les tests unitaires, les tests de non régression, les tests de capacité. Et il y a un test que j’aime beaucoup et qui est un peu lié à l’écologie justement, c’est le test de performance. Le test de performance se base sur 3 aspects, l’aspect de capacité, c’est-à-dire qu’une application plus il va y avoir de charge sur cette application, plus on va avoir d’utilisateurs, plus qu’une application doit résister, donc il faut qu’elle résiste à des tests de charge et quelle est la capacité de pouvoir grossir ou diminuer. Mais aussi les tests en matière de temps de réponse, une application, un site internet doit répondre très rapidement. Et il y a un autre aspect qui est très intéressant, le dernier, c’est en matière de matériel, il faut que l’application utilise le moins de matériel et de ressources possible et ça, c’est intéressant parce que ça permet de remettre en perspective la performance informatique. Beaucoup de personnes nous disent que la performance, c’est juste la vitesse, mais en fait non, si on incite ou une application qui est très, très rapide, mais qui a 1000000 de serveurs, qui est derrière, qui est une bande passante, qui est super large et qui utilise, on va dire plein de choses, c’est une application qui n’est pas performante, c’est une application qui est rapide. La performance tient aussi en aspect matériel utile. Donc utiliser le serveur qu’on a besoin et pas d’avoir 10G de serveur par exemple, alors qu’on a besoin de 2 exactement. C’est toujours pareil avec le numérique responsable, c’est vraiment agir avec sobriété. On peut avoir besoin de 10 gigas de serveur. On peut avoir besoin d’un espace qui soit même supérieur, on peut avoir une base de données énorme par contre peut-être pas tout le temps.

 

9. C’est possible de changer sa capacité des serveurs ?
Oui c’est beaucoup plus simple maintenant avec les offres cloud. C’est le cloud qui  augmente et qui baisse la capacité, c’est ça, on a des centres de metrix qui nous disent ce qu’on utilise actuellement et quand on voit qu’on s’approche des limites, on repasse à notre serveur qui va, on va dire dépasser sa limite. Ça fait que quand on voit qu’on utilise 10 VM ou qu’on utilise énormément de grammes et que tout réduit au minimum, on peut on va dire en supprimer, histoire de ne consommer que ce dont on a besoin. Ça réduit on va dire le coût, pas forcément le coût environnemental parce que le serveur sera déjà créé, mais ça réduit aussi le coût énergétique, ce qui est déjà au moins une bonne petite chose.

 

10. Tu participes toujours au projet Éco Index avec le collectif, peux-tu nous en parler ?
Éco Index, je suis sur la nouvelle version actuellement avec plusieurs autres personnes du collectif. c’est un site qui a été créé il y a quelques années en arrière, qui nous permet de nous donner un grade environnemental par rapport à une URL, c’est qu’on va arriver sur le service numérique, on va évaluer son site internet, donc le domaine et on va pouvoir avoir une note environnementale et des métriques réelles beaucoup plus en attente que ce qu’on a avec les tests de performance par exemple, ça va être sortir le nombre de centilitres d’eau estimé consommé par la page internet et le nombre d’équivalents CO2 consommait également. C’est compliqué de se dire que, il y a des ressources en eau utilisées pour un site internet quand même quand on y pense autant. Énergie électrique, c’est facile à comprendre, mais en eau? Je pense que c’est vraiment une des grosses problématiques qu’on a avec le numérique actuellement. C’est justement tous les impacts qu’on a sont vraiment invisibles lorsqu’on a un téléphone, le téléphone, on l’a entre nos mains. C’est quelque chose qui est physique, on le tient, on sait que pour avoir ce téléphone entre nous entre nos mains, on a dû utiliser l’énergie qui a envoyé à récupérer les ressources de la terre. Ces ressources ont dû être envoyées à quelqu’un qui a rassemblé ces ressources là, dissocier ses ressources et qui a créé un produit. Ce produit a été transporté jusqu’à nous et ce produit, on continue à le charger, et le décharger et on voit ce qui a été fait. Par contre, un service numérique, on ne voit pas que lorsqu’on utilise 1h de Netflix, qu’on envoie un mail, qu’on utilise un jeu vidéo, ça aussi un impact. Mais c’est invisible, c’est Netflix, mais en fait ils ont des serveurs. Sauf que quand il y a des serveurs qui sont saturés ou qu’il y a des serveurs qui lâchent et qui ont une durée de vie X, mais ils doivent changer leur serveur. Tout ça, c’est des choses qu’on ne voit pas. C’est invisible et ça a pourtant un impact derrière.

 

11. Il y a plus de 30% de sites Internet qui utilisent le CMS WordPress. Est-ce qu’un site WordPress peut-être écoconçut ?
Généralement, en matière d’écoconception, pourrait-on privilégier les sites statiques. Sauf qu’en fait, tout ce que j’ai expliqué tout à l’heure sont aussi applicable avec WordPress, ça dépend du besoin. Si ton besoin c’est d’avoir une base de données derrière et de pouvoir gérer des articles simplement et tout ça, tu peux avoir, on va dire un WordPress qui est des actes métiers qui soient écoconçus à l’intérieur. C’est vrai que tu peux très bien concevoir un service avec WordPress. WordPress sera un peu plus lourd que la majorité des sites. Par contre, ce qui est bien, c’est que ça commence aussi à se bouger au niveau de la Communauté WordPress. On a pas mal de thèmes, qui existent, qui permet justement de réduire on va dire la taille des ressources de notre site internet. Donc ça c’est déjà, on va dire dans les bonnes pratiques, il y a plein de choses qui ne sont pas forcément utiles sur un site WordPress, mais qu’on peut aussi désactiver, ce n’est pas donné à tout le monde, il faut aussi avoir un esprit un peu plus développeur pour pouvoir désactiver tout ce qui est inutile. Il y a des articles qui sortent justement pour pouvoir expliquer comment faire, on va dire pour écoconcevoir ou pour réduire le poids de ces pages internet avec WordPress.

 

12. Est-ce qu’il existe un CMS écoconçu ?
On a justement les CMS de générateur de pages statiques qui existent, c’est un site où ce n’est même pas nous qui pouvons créer ça, mais on peut avoir une interface qui nous permet de créer juste des pages HTML simples donc HTML CSS c’est peut-être des fois avec un peu de JS. Donc tout ça, va réduire drastiquement le poids du web. Il faut savoir qu’en plus de 10 ans, le poids du web était multiplié par plus de 100 à une époque où plus de 10 ans en arrière, les pages HTML enfin les pages web complètes, peser entre 100 et 110 kilos octets par page donc 110 kilos octets. Ce n’est pas enfin, ça reste gros, mais c’est pas énorme. Actuellement on est plus autour des 2 mégas par page, c’est énorme. Il y a des sites qui sont largement au-delà de ça, c’est qu’on a ce qu’on appelle un phénomène d’obésiciel. La technologie évolue, ça fait qu’on a des technologies qui sont de plus en plus performantes. La technologie nous permet de faire plein de choses, ça fait qu’elles sont de plus en plus performantes et elles nous permettent de traiter de plus en plus de données le plus rapidement, donc ça c’est plutôt pas mal par contre le truc c’est qu’on a des réseaux qui sont, qui se sont ultra développés, on est du wifi, des trajets de la 4G, il y a 5 G, ça fait de la bande passante, elle est énorme, on est plus restreint, ça fait qu’avant on était bridé par les périphériques, c’est que quand on est obligé on peut ne télécharger quasiment rien. On télécharge quelques kilos octets de données. Sauf que les développeurs étaient obligés de faire avec ça, maintenant que tout est débridé, mais en fait il laisse à l’aise n’importe quoi. On peut télécharger des images de 5 gigas enfin, je n’exagère peut-être pas 5 gigas, mais déjà de 3 Mégas j’ai déjà vu ça souvent, on peut télécharger des images de 3 mégas en un rien de temps et peut-être que non. On va dire que nous qui sommes sur Lyon avec de la 4G ou du Wifi partout, ça fonctionne très bien, mais quand on est au fin fond de l’Ardèche, ou n’importe où sur la planète et qu’on a une connexion qui est très réduite ça ne fonctionne plus du tout et tout ça, on ne pense pas forcément. Plus on va avoir des réseaux qui sont larges, plus on va voir, on va dire de phénomène d’obésiciel ou moins, les développeurs vont réussir à optimiser les choses.

 

13. Est-ce qu’il existe des CMS spécifiques à l’éco conception ?
Pas vraiment, par contre on peut utiliser justement des sites statiques comme Jeky, Gatsby ou Eleventis qui eux par contre sont des générateurs de sites statiques, des sites qui ont une empreinte écologique beaucoup plus faible que ce qu’on peut avoir avec un WordPress plus traditionnel. On peut faire autant de choses que WordPress, il y a aussi des modules qui existent, par exemple, il y a aussi Hugo qui existe avec un module, une extension de Hugo, on peut aussi faire des sites E commerce.

 

14. Des fois, on a besoin de visibilité, de rentabilité sur le site internet parce que c’est le business. Donc est-ce que quand même il y a des façons de faire du marketing digital écoresponsable ou numérique responsable ?
C’est une question très délicate. En fait, on a forcément besoin ou pas de faire du marketing et c’est vrai, mais par contre il faut savoir que là sobriété s’applique aussi au marketing. Quelle est la façon la plus écologique de faire du marketing. Y a énormément de personnes qui vont dire, mais en fait moi j’ai besoin de contacter 100 clients, je vais utiliser du mail. On peut utiliser du mail sauf que le mail c’est une empreinte écologique qui est quand même assez colossale. On peut utiliser par exemple au lieu d’utiliser du mail, on peut penser son besoin en disant, OK moi j’ai besoin de contacter 100 clients, comment je vais faire ? Je sais que le mail n’est pas très écologique, qu’est-ce que je peux faire d’autre ? En fait, le SMS par exemple est beaucoup plus écologique que le mail, on peut faire des campagnes non pas de mail, mais de SMS qui sera beaucoup plus écologiques et beaucoup plus responsable qu’une campagne de mail avec des images. Des mails par exemple de l’E-mailing sans image, juste avec des liens, ça marche aussi, ça marche aussi, mais par contre ça reste un emailing . On va dire que pour le même texte, un Email sera toujours beaucoup plus lourd qu’un SMS . Il passe par les architectures qui existent depuis déjà des dizaines d’années. Un SMS en 2G ça arrive, un mail lorsqu’on est en 2G ça met du temps à arriver. On a un impact, envoyer 1 SMS c’est ça a pas forcément un mauvais impact, c’est un impact meilleur pour la planète parce qu’on utilise des technologies qui sont déjà éprouvées depuis une dizaine d’années, donc c’est des technologies beaucoup plus sombres, c’est des infrastructures qui sont aussi beaucoup plus simples que tous les centres de données qui sont répliqués autour du monde et ça permet aussi on va dire d’avoir un gain de qualité. C’est qu’un SMS comme je disais tout à l’heure sur le fond de l’Ardèche, en 2G on le recevra, l’email pas forcément. Mais tout ça, c’est comme faut penser sobriété réellement et à l’impact que va avoir, les services qu’on va concevoir ou utiliser.

 

15. Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement la différence entre les Good for tech et les Tech for good ?
Il y a beaucoup de personnes qui ne sont pas conscientes de ces différences pourtant elles sont très notables. J’ai vu l’année dernière justement que le gouvernement avait invité énormément d’entreprises pour parler good for tech, donc c’est énorme parce qu’il y a eu beaucoup d’entreprises comme Uber, qui étaient invités comme Facebook, Google et tout ça en fait, ce sont des entreprises qui ont été qualifiées de tech for good. Donc, c’est de la tech pour le good pour le bien. Le truc là-dessus c’est que lorsqu’on voit ça, énormément de personnes se disent oui, mais c’est une entreprise bien, ils font du bien, c’est cool, elles sont responsables et en fait pas du tout. Le truc c’est qu’elles sont très bien, on va dire Tech for good a juste un impact, c’est qu’il doit remplir un impact sociétal, c’est que Facebook nous rapproche, c’est bien, donc nous rapproche. C’est vrai, c’est un vrai impact. Par contre, Facebook, je récupère toutes nos données. Facebook utilise des serveurs qui ne sont pas forcément écologiques, on va dire vers Facebook utilise plein de choses qui nous pousse à la consommation, tout ça n’est pas très éthique, donc Facebook enfin ça remplit un besoin sociétal qui améliore nos conditions de vie, mais derrière c’est catastrophique pour la planète, pour l’éthique et pour l’environnement. Du coup, le Good for tech, c’est super intéressant et c’est là où on veut en venir, moi je suis plus le good for tech, c’est tout ce qui peut améliorer, donc la tech en fait, actuellement elle est lourde. Enfin, elle s’alourdit d’année en année, donc de jour en jour, tous les sites Internet sont de plus en plus gros, les applications mobiles, c’est exactement pareil, c’est de plus en plus gros. Il faut savoir par exemple que sur Word et le Pack office, quand on compare Windows Vista avec un Windows, je sais plus ce que c’était 2010 à l’époque et qu’on compare on va dire avec quelque chose d’avant. Le Pack office 97 et Windows 98, avec Vista et on va dire un pack office beaucoup plus récent, on consomme pour chaque action effectuée, donc envoyer un mail via Outlook, on crée une page Word, ou carrément créer une feuille de calcul sous Excel, on consomme en moyenne 114 fois plus de RAM qu’il y a 10 ans en arrière, y a plein de choses qu’on n’utilise pas forcément. Il y a plein de besoins qui sont comblés, qui sont ajoutés, mais pas pour la plus grande majorité. Il y a des bonnes stats qui est intéressantes à savoir c’est que 35% d’utilisateur de Word n’utilise que 5 fonctionnalités du logiciel, tout le reste on le télécharge quand même pourtant on ne l’utilise pas du tout. Sur Word, on a les fonctions basiques, je vais le faire travailler avec les styles par exemple, je télécharge l’application, mais ce serait beaucoup plus logique, avoir un logiciel qui soit très sobre pour la majorité des personnes et ensuite juste télécharger un petit module qui nous permet de faire les mêmes choses serait beaucoup plus écoconçu.

 

16. Une note positive sur le numérique responsable actuellement, qu’est-ce qui se passe ?
Le gros point positif actuellement, c’est justement, on commence à en parler. Ce qui est pas mal, c’est que l’écologie tout le monde commence aussi à en parler. Il y a des bonnes et des mauvaises pratiques, il y a le cas d’emails que je reprends souvent sur les réseaux sociaux ou c’est bien supprimer ces mails c’st cool, mais on va économiser que quelques grammes de CO2. Par contre, prolonger la durée de vie d’un PC portable de 3 ans à 6 ans, ça nous fait économiser 250 kilos de CO2. Les échelles ne sont pas les mêmes, donc supprimer ces mails c’est bien, mais par contre prolonger la durée de vie de ces appareils de ces téléphones, de ces écrans, c’est beaucoup mieux, ce qui est bien c’est qu’avec on va dire la poussée des écolos actuellement. En général, on commence à aussi parler du de l’écologie et du numérique, et ça, c’est plutôt cool. Ce qui est bien aussi avec le numérique responsable, c’est que ça fait longtemps que ça existe et on a vraiment des solutions et des écogestes et des bonnes pratiques d’écoconception pour pouvoir rendre ça beaucoup plus responsable, beaucoup plus écologique, et un peu plus Green , on peut en faire consommer beaucoup moins. On peut agir avec sobriété, on regarde nos manières d’utiliser le numérique, mais aussi dans notre manière de les concevoir.

 
 
Sources